Les nouveaux projets de décrets visant à restreindre l’accès à l’Aide médicale d’État (AME) pour les étrangers en situation irrégulière ont été suspendus. Initialement soumis au conseil de l’Assurance maladie, ces textes provoquaient l’opposition frontale des syndicats de santé, alarmés par les impacts sur la couverture sanitaire des plus vulnérables. Face à ces critiques, le ministère de la Santé a vu le retrait de l’examen, permettant un répit dans un débat qui questionne les équilibres entre contrôle des dépenses et protection de la santé publique.
Assurance Maladie : un retrait stratégique des décrets sur l’AME après la mobilisation des syndicats
Ce jeudi 11 septembre 2025, le conseil de la Caisse nationale d’Assurance Maladie (Cnam) a décidé de ne pas examiner les projets de décrets contestés, qui redéfinissaient les conditions d’accès à l’AME. Ce report empêche leur publication immédiate, une décision saluée par la CFDT, la CGT et l’Unsa, acteurs majeurs parmi les syndicats de santé. Ils dénonçaient non seulement un manque de légitimité du gouvernement démissionnaire, mais aussi le risque d’aggraver la précarité sanitaire des étrangers sans papiers.
Les enjeux soulevés par la réforme des conditions d’accès à l’AME
Les décrets, s’ils avaient été adoptés, auraient réduit le panier de soins pris en charge par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) pour les bénéficiaires de l’AME. Des actes comme la balnéothérapie, les soins prothétiques dentaires et autres prestations jugées non urgentes auraient été exclus, et certains traitements conditionnés à une durée minimum de séjour de neuf mois en France. La réforme envisageait aussi la prise en compte des ressources du conjoint pour calculer l’éligibilité, alors que l’AME est plafonnée à 847 euros mensuels de revenus pour une personne seule.
| Aspect de la réforme | Impact prévu |
|---|---|
| Réduction du panier de soins | Exclusion de certains soins non urgents, comme la balnéothérapie |
| Condition de résidence | Séjour requis de plus de 9 mois pour certains soins spécifiques |
| Prise en compte des revenus du conjoint | Éligibilité à l’AME recalculée, avec un seuil strict à 847 euros |
Selon les syndicats et plusieurs organismes, tels que Médecins du Monde et La Mutualité Française, ces restrictions risquaient d’accentuer les inégalités d’accès aux soins, aggravant la santé publique et compromettant les principes de solidarité soutenus par l’Union Nationale des Caisses d’Assurance Maladie (UNCAM). Le ministère de la Santé se retrouve dans une posture délicate : comment maîtriser les dépenses sans fragiliser un système ancré dans le soin universel ?
Conséquences de l’abandon des décrets AME pour la santé publique et les acteurs de la santé
Le retrait des décrets a été unanimement salué par les syndicats de santé, la Fédération Hospitalière de France (FHF), et l’Ordre des médecins. Pour eux, imposer ces nouvelles règles aurait introduit une médecine à deux vitesses, excluant les plus démunis de soins essentiels. Lors d’une récente réunion de la CPAM, les professionnels de santé ont souligné la complexité supplémentaire qu’aurait ajouté la prise en compte des revenus du conjoint, ainsi que les risques importants de dégradation de la surveillance sanitaire et de la prévention.
Les textes, venant de l’ère du gouvernement précédent, devront être réévalués par la nouvelle équipe ministérielle qui pourrait reformuler la politique autour de l’AME, dans un contexte marqué par la montée des préoccupations humanitaires et par le maintien des droits des populations fragiles.
Vers une nouvelle approche de l’Aide médicale d’État au sein de l’Assurance Maladie ?
Le retrait provisoire ouvre une période de réflexion indispensable. Des voix au sein du ministère indiquent que la révision des critères d’éligibilité, notamment la vérification stricte de l’identité et la prise en compte élargie des ressources conjugales, nécessite un équilibre plus fin entre rigueur administrative et bienveillance sociale. Parmi les propositions figure une meilleure coordination entre les CPAM et les associations comme Médecins du Monde, qui assurent un appui sur le terrain.
| Point de controverse | Position des acteurs | Conséquences possibles |
|---|---|---|
| Exclusion de soins reconnus essentiels | Syndicats et Ordre des Médecins protestent | Accroissement des inégalités de santé |
| Condition de séjour et identification renforcée | Ministère de la Santé cherche un compromis | Meilleure traçabilité mais risque de rejet |
| Prise en compte des ressources du conjoint | FHF met en garde sur la complexité administrative | Difficultés dans l’attribution et retards |



