Climat en crise : pourquoi les primes d’assurance explosent et certains territoires deviennent difficiles à assurer

découvrez comment la crise climatique fait grimper les primes d'assurance et rend certains territoires de plus en plus difficiles à assurer, impactant ainsi les particuliers et les entreprises.

Face à l’intensification des périls climatiques, le secteur de l’assurance habitation traverse une crise majeure. Cette situation engendre une forte augmentation des primes d’assurance et rend certains territoires particulièrement difficiles à assurer.

Explosion des primes d’assurance habitation sous l’effet des risques climatiques

En 2024, les sinistres liés aux événements climatiques ont entraîné des coûts exceptionnels pour les assureurs français, totalisant près de 5 milliards d’euros. Plus de 4,6 millions de sinistres ont été indemnisés, culminant à 8 milliards d’euros pour l’assurance habitation. Ces chiffres placent cette année parmi les plus coûteuses depuis la création du régime d’assurance catastrophes naturelles. La recrudescence des aléas climatiques, tels que tempêtes et inondations, pousse les compagnies à relever significativement les tarifs. Au 1ᵉʳ janvier 2025, la surprime CatNat est passée de 12 % à 20 %, accentuant mécaniquement l’augmentation de la prime moyenne, déjà en hausse de 7,2 % en 2024. Cette tendance devrait se poursuivre avec une hausse attendue de 8 à 11 % supplémentaire sur l’année en cours. Dans ce contexte, les assurés subissent une augmentation assurance généralisée sans bénéfices en termes de garanties ou de transparence.

Les consommateurs aux premiers rangs de cette crise assurantielle

La fréquence accrue des sinistres climatiques impacte directement les ménages. En moyenne, la sinistralité atteint 6 milliards d’euros par an sur les quatre dernières années, dépassant ainsi largement les prévisions initiales. Les litiges liés aux périls climatiques explosent, notamment concernant le retrait-gonflement des argiles ou les inondations non reconnues comme catastrophes naturelles. Des retards d’indemnisation font également grandir la frustration des assurés, confrontés à des expertises rigides ou contestées. Parallèlement, les franchises augmentent significativement, passant de 380 € à 1 520 € selon le type de sinistre, tandis que les exclusions de garanties se multiplient sous prétexte d’un défaut d’entretien ou de dépendances non conformes.

Territoires à risque : vers une assurance habitation inégalement accessible

L’effet du changement climatique accentue les inégalités territoriales. À garanties identiques, la prime d’assurance peut varier du simple au double d’une commune à une autre. Certaines zones exposées aux phénomènes extrêmes deviennent progressivement inassurables, car les assureurs limitent leurs offres pour préserver leurs marges, quittant ainsi le principe fondamental de mutualisation des risques. Cette situation menace la stabilité du système assurantiel et fragilise les habitants de ces territoires à risque, qui peinent à accéder à une protection adaptée face aux aléas climatiques.

Appel à une réforme urgente du modèle assurantiel face à la crise climatique

Face à ces dérives, des voix s’élèvent pour une refonte profonde du système. Selon l’association UFC-Que Choisir, il est impératif d’obliger les assureurs à garantir un accès universel à l’assurance habitation, quel que soit le lieu de résidence. Cette réforme inclurait aussi la mise en place d’une fiche standardisée d’information pour faciliter la comparaison des offres et la transparence sur les taux de redistribution. Par ailleurs, elle inviterait à normaliser et accélérer les procédures d’indemnisation tout en informant systématiquement les habitants sur les risques naturels associés à leur localisation.