Un auditeur radio à Sydney a suscité l’attention en dévoilant une méthode inattendue pour réduire le coût de son assurance auto : cocher la mention non-binaire. Cette démarche, d’abord perçue comme une simple expérience, a révélé des économies substantielles, interrogeant sur la pratique de tarification basée sur le genre et soulevant des questions d’inclusion et de diversité dans le secteur de l’assurance véhicule.
Comment la mention non-binaire impacte la tarification de l’assurance auto
Lors de son passage à l’antenne d’une station conservatrice, un auditeur a validé la case « genre non-binaire » sur son formulaire d’assurance chez NRMA. Contre toute attente, le devis affichait une réduction de 800 dollars comparé à la tarification masculine classique. Cette expérience révèle une surprenante réalité : la mention non-binaire peut entraîner une remise notable sur le coût de l’assurance véhicule.
Pour un conducteur moyen à Sydney, les tarifs varient ainsi :
| Genre déclaré | Tarification en dollars (annuelle) |
|---|---|
| Homme | 2 236 |
| Femme | 2 061 |
| Non-binaire | 1 955 |
Les assureurs justifient cette variation par une analyse fine des données comportementales et statistiques liées au genre, bien que les spécificités concernant le genre non-binaire restent peu documentées.
L’influence des données sur la sécurité routière dans la tarification
Une étude menée par UNSW en 2021 confirme que les hommes ont tendance à être deux fois plus impliqués dans des accidents de la route, tandis que les femmes sont plus souvent hospitalisées après un sinistre. Ces éléments servent de base à une tarification différenciée. Cependant, l’introduction récente d’options de genre non-binaire bouscule ce modèle traditionnel.
Le point crucial reste le caractère encore fragmentaire des données pour les personnes non-binaires et transgenres. Cela pose un défi aux compagnies d’assurance, qui cherchent à garantir une tarification juste tout en restant inclusives.
Une stratégie d’économies ou une nouvelle forme de discrimination en tarification?
Si l’auditeur radio a perçu la mention non-binaire comme un astuce pour alléger la facture, cette réalité pourrait refléter pour d’autres une forme de discrimination tarifaire déguisée. L’exemple d’Allianz, où un même usager a vu son tarif baisser de 500 dollars en choisissant non-binaire, montre que la tarification varie grandement selon les assureurs.
| Assureur | Tarif homme (annuel) | Tarif non-binaire (annuel) |
|---|---|---|
| NRMA | 2 700 | 1 900 |
| Allianz | 2 800 | 2 300 |
Pourtant, ce phénomène n’est pas universel. Certains assureurs ne proposent pas encore cette option, comme AAMI qui invite ses clients à choisir le genre avec lequel ils se sentent le plus à l’aise, tout en prévoyant une mise à jour de leur système pour mieux intégrer la diversité.
Au-delà de l’aspect économique, la mention non-binaire sur l’assurance auto révèle un enjeu sociétal fort : la nécessité de réviser les modèles de données pour inclure pleinement toutes les identités de genre.
Le défi de l’actualisation des données et de l’inclusion dans le secteur de l’assurance
Les bases de données liées à la sécurité routière restent largement binaires. Par exemple, l’Australian Road Deaths Database catégorise les victimes en hommes, femmes ou « inconnus » dans des cas exceptionnels. Sur près de 58 000 décès depuis 1992, à peine 32 sont dans la catégorie « inconnu ». Cette insuffisance freine une analyse complète des comportements et risques liés aux différentes identités de genre.
Selon le professeur Rebecca Ivers, de l’UNSW, un besoin urgent existe pour une recherche plus nuancée sur la mobilité et la sécurité en tenant compte de la diversité des genres. Sans une évolution des méthodes de collecte et d’analyse des données, la tarification restera partielle et potentiellement injuste.



