« Fatôme sur la sellette » : tensions inédites entre la Cnam et les collectifs médicaux
Depuis plusieurs jours, le directeur général de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie (DG de la Cnam), Thomas Fatôme, fait l’objet d’une vive controverse au sein de la communauté médicale. Plusieurs collectifs médicaux s’élèvent contre sa gestion, qualifiant son style d’autoritarisme et dénonçant un déni des difficultés rencontrées par la médecine libérale.
Une interview explosive qui cristallise les tensions
Le 5 janvier, jour du lancement d’une grève nationale des médecins, Thomas Fatôme a défendu dans un entretien le système conventionnel et les récentes revalorisations salariales entrées en vigueur début 2026. Il a par ailleurs dénoncé les « fake news » entourant les mesures du budget de la Sécurité sociale. Pourtant, ces propos ont suscité une réaction virulente, notamment de la part du Dr Jérôme Barrière, oncologue et porte-parole du Collectif Médical du Sud-Est (CMSE), qui lui attribue la responsabilité de la situation actuelle.
Ce climat de défiance reflète une fracture profonde entre la direction de la sécurité sociale et les praticiens, exacerbée par la gestion récente des réformes en santé.
Gestion contestée et appel à la démission
Les critiques dépassent désormais le cadre de la gestion économique pour s’attaquer directement au leadership du DG. L’appel à la démission de Thomas Fatôme a notamment été lancé publiquement par plusieurs collectifs médicaux lors des manifestations à Paris.
Cette hostilité s’étend également à Marguerite Cazeneuve, ancienne directrice adjointe de la Cnam, qui, après avoir quitté ses fonctions pour rejoindre un parti politique, a également été conspuée pour ses propos dénonçant la grève, jugés provocants par le monde médical.
La réponse des syndicats traditionnels : pas de sortie de crise par le départ
Malgré la colère exprimée par certains collectifs, la Confédération des Syndicats Médicaux Français (CSMF) adopte une position nuancée. Son président, Dr Franck Devulder, insiste sur le caractère structurel du conflit, mettant en avant des désaccords majeurs sur des points précis tels que l’Optam, la régulation de l’imagerie médicale ou le contrôle des prescriptions d’indemnités journalières.
Pour la CSMF, le problème ne réside pas uniquement dans la personne du DG, mais dans la préservation du dialogue conventionnel indispensable à une réforme concertée du système de santé.
Dialogue renouvelé entre pouvoirs publics et médecins
Face à l’escalade, la ministre déléguée à la Santé, Stéphanie Rist, a pris l’initiative de recevoir les représentants syndicaux afin de rétablir un climat favorable aux négociations.
Cette démarche vise à apaiser les tensions, en ouvrant un canal d’échange sur les diverses craintes et colères exprimées par les professionnels de santé, notamment concernant les réformes à venir et la place des médecins libéraux dans l’organisation globale des soins.
Une période charnière pour la médecine libérale et la Cnam
| Élément | Situation avant 2026 | Enjeux en 2026 | Perspectives |
|---|---|---|---|
| Relation Cnam – médecins | Dialogue conventionnel tendu mais établi | Grève, critiques sur la gestion et démarche autoritaire | Négociations renforcées pour restaurer la confiance |
| Réformes budgétaires et salariales | Mise en œuvre progressive des revalorisations | Polémiques sur le budget de la Sécurité sociale et measures supprimées | Adaptation des mesures aux réalités du terrain |
| Leadership et direction | Conduite centralisée sous Thomas Fatôme | Mise en cause publique du DG, demandes de remise en question | Maintien du poste et renforcement du dialogue stratégique |



