Le directeur des hôpitaux de Paris appelle à une augmentation des recettes de l’Assurance maladie pour réduire le déficit, soulignant que l’austérité seule ne suffira pas.

le directeur des hôpitaux de paris plaide pour une hausse des recettes de l'assurance maladie afin de résorber le déficit, estimant que l'austérité budgétaire à elle seule ne permettra pas de rétablir durablement l’équilibre financier du système de santé.

Le déficit persistant de l’Assurance maladie sous-tend un débat économique crucial pour le système de santé français. Le directeur général de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), Nicolas Revel, met en lumière l’impossibilité de résorber ce déficit par des mesures d’austérité uniquement. En insistant sur la nécessité d’une augmentation des recettes et d’une réorganisation des soins, il invite à repenser le financement et la gestion des établissements hospitaliers, dans un contexte où La Sécurité Sociale fête ses 80 ans avec des défis majeurs à relever.

Les limites de l’austérité dans la gestion du déficit de l’Assurance Maladie

Le déficit prévu pour 2025 dans la branche maladie est aggravé par des hausses salariales importantes, résultant notamment du Ségur de la santé. Cette revalorisation a mécaniquement creusé le déséquilibre financier de l’Assurance Maladie, principale composante déficitaire de La Sécurité Sociale. Le déficit global pour toutes branches est estimé à 16 milliards d’euros, soulignant l’ampleur de la crise.

Selon Nicolas Revel, s’appuyer uniquement sur les réductions de dépenses ne permettra pas un retour à l’équilibre. Il évoque un déficit fonctionnel de l’ordre de 15 milliards d’euros engendré par ces revalorisations sans l’apport de recettes complémentaires. Le recours exclusif à l’austérité serait donc inefficace et risquerait de fragiliser davantage les établissements hospitaliers soutenus par la Fédération hospitalière de France (FHF).

AnnéeDéficit global (milliards €)Impact des revalorisations salariales (milliards €)Sources principales
20251615Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, Ministère de la Santé, UNCAM

Évaluation des efforts budgétaires et leur impact limité

La gestion des dépenses dans les hôpitaux publics fait face à des limites concrètes. Malgré l’ouverture de lits supplémentaires et le recrutement massif d’infirmières, le déficit s’alourdit. Ce paradoxe reflète les tensions persistantes en personnel et en ressources humaines, soulignées par la Mutualité Française et l’Agence régionale de santé (ARS). Les efforts financiers seuls ne suffisent pas à compenser ces charges structurelles.

La nécessité de nouvelles recettes et d’une meilleure organisation des soins

Outre les recettes accrues, une transformation du système de santé est préconisée pour réduire la croissance exponentielle du volume des soins. Nicolas Revel appelle à une réforme de l’organisation, favorisant une meilleure coordination entre l’hôpital et la médecine de ville, domaine où la France fait face à des lacunes notables.

La prévention, la qualité des soins et la répartition des rôles entre acteurs sanitaires doivent être revues pour optimiser les ressources. Cette réorganisation est également soutenue par La Sécurité Sociale et la Mutuelle Générale, qui insistent sur une politique plus prescriptive pour améliorer l’efficience.

Actions recommandéesObjectifs visésParties prenantes
Augmentation des recettes de l’Assurance MaladieRésorption du déficitUNCAM, Ministère de la Santé
Réduction de la croissance du volume des soinsMaîtrise des dépensesFHF, ARS
Meilleure organisation des soinsCoordination efficaceAP-HP, Médecins de ville
Renforcement de la préventionRéduction des besoins en soinsSanté publique France, Mutualité Française

Culture de responsabilisation et politique prescriptive en santé

Un autre enjeu clé repose sur la culture organisationnelle des professionnels de santé et des établissements. Nicolas Revel souligne que la France est « trop gentille » dans l’approche de la gestion et des pratiques médicales. Une politique plus ferme pourrait impliquer des règles claires et une responsabilisation accrue pour garantir une utilisation efficiente des ressources.