Procès crucial à Bayonne : une famille de pharmaciens d’Anglet accusée d’escroquer l’Assurance maladie
Le tribunal judiciaire de Bayonne a examiné ce mardi le dossier d’une famille de pharmaciens du Pays basque, soupçonnée d’avoir orchestré une escroquerie portant sur plus de 800 000 euros au détriment de l’Assurance maladie et organismes sociaux comme la MSA.
Les faits couvrent une période allant de 2009 à 2018 avec une pratique répétée de détournement par falsification d’ordonnances et surfacturation. Cette affaire illustre un cas de délit financier avéré dans le secteur de la pharmacie, remettant en lumière les vulnérabilités du système de santé.
Les faits reprochés : une fraude organisée au sein d’une famille de pharmaciens à Anglet
Le procès met en lumière une affaire de fraude procédant d’un stratagème complexe entre membres d’une même famille opérant plusieurs pharmacies à Anglet et dans les Landes. Les individus concernés, un couple septuagénaire et leur fils de 44 ans, font face à des accusations d’abus de biens sociaux, de fraude fiscale, et d’escroquerie.
Selon le parquet, une « atypie dans la facturation » relevée en 2017 a déclenché un contrôle approfondi de la CPAM, révèle un système lucratif basé sur la facturation de médicaments onéreux non délivrés, via des ordonnances falsifiées ou réutilisées.
| Faits reprochés | Période | Montant estimé | Accusés |
|---|---|---|---|
| Escroquerie à l’Assurance maladie | 2009 – 2018 | 800 000 € | Parents (76 et 77 ans) et fils (44 ans) |
| Abus de biens sociaux | 2009 – 2018 | Non précisé | Famille |
| Fraude fiscale | 2009 – 2018 | Non précisé | Famille |
Revendications du parquet : de la prison ferme et une lourde amende pour sanctionner une escroquerie avérée
Le parquet a requis une peine de prison ferme à l’encontre du fils, dirigeant d’une pharmacie à Anglet, en complément de peines avec sursis pour les parents. L’amende globale proposée s’élève à 250 000 euros.
Ces sanctions visent à sanctionner un délit inspiré par un mobile entièrement financier, visant à s’enrichir sans limites, au mépris des règles déontologiques et des droits des assurés sociaux.
| Accusé | Peine requise | Amende | Motif principal |
|---|---|---|---|
| Mère | 1 an de prison avec sursis | Part de 250 000 € répartie | Blanchiment de fraude fiscale |
| Père | 3 ans de prison avec sursis | Part de 250 000 € répartie | Même mode opératoire que le fils |
| Fils | Jusqu’à 1 an de prison ferme | Part de 250 000 € répartie | Principale responsabilité dans la fraude |
Défense et réactions : repentir et contestations dans une affaire sensible
À la barre, le fils a reconnu une « mauvaise décision » motivée par la volonté de s’imposer comme pharmacien à l’ombre du succès familial. Son avocat a insisté sur son repentir et sollicité une sanction avec sursis.
Les parents ont pour leur part contesté l’ampleur des faits. La mère a imputé la fraude à de mauvaises écritures comptables, alors que le père revendique une gestion pragmatique tout en rejetant les accusations d’escroquerie répétée.
Face aux accusations de la justice qui parle de prévenus « héréditairement escrocs », les avocats ont fermement démenti en qualifiant le dossier de « fable » et de disproportion manifeste.
Impact de l’affaire sur la confiance envers les pharmacies et l’Assurance maladie
Cette affaire met en exergue la vulnérabilité du système à des pratiques frauduleuses au sein de la pharmacie. Elle alarme sur le besoin accru de contrôles renforcés et d’une vigilance constante pour protéger les fonds publics.
Le procès, dont le délibéré est attendu le 17 février, sera un marqueur dans la lutte contre la fraude aux organismes sociaux dans l’hexagone, renforçant la détermination de la justice à sanctionner ces agissements nuisibles.
| Date du procès | Ville | Montant de la fraude | Décision attendue |
|---|---|---|---|
| 18 novembre 2025 | Bayonne | 800 000 € | 17 février 2026 |


