Les remboursements des cures thermales pour les patients en affection longue durée (ALD) sont au cœur d’un projet de réforme en 2026. Actuellement pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, ces soins pourraient voir leur taux de remboursement ramené à 65 %. Cette décision, portée par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) et soutenue par l’exécutif dans un contexte de rigueur budgétaire, concerne environ 14 millions de bénéficiaires. Ce changement suscite de vives inquiétudes dans le secteur thermal, en particulier chez les établissements reconnus comme Vichy, les Thermes de La Roche-Posay ou encore les Thermes d’Avène, ainsi que chez les associations professionnelles telles que la Fédération Thermale Française et l’AFRETH.
Les origines de la remise en cause du remboursement des cures thermales en ALD
Le débat sur la pertinence du remboursement intégral des cures thermales s’inscrit dans une dynamique plus large de contrôle des dépenses de santé. La Cour des comptes, en avril, avait déjà pointé du doigt le coût élevé de ces soins pour l’Assurance Maladie. Cette critique trouve écho dans les propositions pour 2026 de la Cnam, laquelle propose d’abaisser le remboursement à 65 %, alignant ainsi les patients en ALD sur le taux appliqué à l’ensemble des assurés.
Cette réévaluation vise à limiter la dépense publique tout en remettant en question l’efficacité médicale de certaines cures. Pourtant, les patients atteints d’affections longues bénéficient souvent d’un soulagement notable grâce à ces traitements. D’après Thierry Dubois, président du conseil national des établissements thermaux (Cneth), les personnes en ALD représentent environ un quart des curistes, ce qui illustre leur importance stratégique pour les thermes français.
Tableau comparatif du taux de remboursement actuel et projeté pour les cures thermales
| Statut du patient | Taux de remboursement actuel | Taux de remboursement proposé |
|---|---|---|
| Patients avec ALD | 100% | 65% |
| Autres assurés sociaux | 65% | 65% |
Conséquences concrètes du projet de décret sur les patients et les établissements thermaux
Si ce décret est adopté, les patients devront financer une part plus importante de leurs cures, parfois coûteuses. Ce changement pourrait réduire le nombre de curistes, notamment parmi les plus modestes ou les personnes âgées, pour lesquelles la cure thermale constitue un traitement indispensable. Les établissements thermaux comme les Thermes de Bagnères-de-Bigorre, réputés pour leur prise en charge des affections rhumatismales, pourraient voir leur fréquentation diminuer.
Face à cette perspective, la Fédération Thermale Française et l’AFRETH travaillent à sensibiliser les pouvoirs publics sur l’impact social et économique d’une telle mesure. Ils insistent sur le fait que la cure thermale reste un complément efficace aux traitements classiques, notamment pour les maladies chroniques. En parallèle, la remise en cause de la prise en charge par la CPAM pourrait entraîner un renforcement des mutuelles santé pour combler la baisse des remboursements pris en charge par Ameli.
Étude d’impact économique sur les cures thermales
| Critère | Situation avant réforme | Situation après réforme projetée |
|---|---|---|
| Coût moyen d’une cure thermale (après remboursement) | minoré grâce à 100 % Coverage | augmentation significative du reste à charge |
| Fréquentation annuelle des thermes | stable, avec une part importante de patients ALD | potentielle baisse significative des curistes ALD |
| Impact sur l’économie locale | maintenu grâce à la clientèle des thermes | risque de réduction des revenus locaux et emplois liés |
Le contexte politique et les étapes à venir avant la mise en œuvre
Ce projet de décret, qui doit être discuté prochainement par la commission de la législation et de la réglementation du conseil de la Cnam, ne pourra être promulgué qu’après le changement gouvernemental. Le gouvernement actuel, démissionnaire, ne peut engager ni publier cette réforme. L’avis consultatif attendu permettra au prochain exécutif d’agir rapidement s’il juge utile la baisse des remboursements.
Cette décision s’inscrit dans une volonté gouvernementale de maîtriser le budget de l’assurance maladie tout en questionnant les postes de dépenses à efficacité médicale discutable. La ministre démissionnaire de la Santé, Catherine Vautrin, avait déjà évoqué en juillet la nécessité d’interroger le remboursement à 100 % des cures thermales en ALD, pointant les dérives potentielles de ces dépenses dans un contexte de rigueur budgétaire.


