Le Villeneuvois fait face à une crise majeure dans le domaine de la santé. L’État et l’Assurance-maladie semblent avoir abandonné la régulation nécessaire pour maintenir un équilibre territorial des soins, creusant ainsi les inégalités d’accès pour une population déjà fragilisée.
Équilibre territorial des soins : une urgence pour le Villeneuvois
Le territoire du Grand Villeneuvois souffre d’une démographie médicale alarmante, avec un nombre décroissant de médecins généralistes en poste. Cette pénurie accroît les tensions dans les services hospitaliers, notamment aux urgences, à la maternité, et en pédiatrie. La régulation des urgences est désormais rythmée par des restrictions nocturnes, un mécanisme déjà instauré depuis 2022 mais appelé à s’étendre sur 24 heures face à la détérioration de l’offre.
Répercussions sur les structures hospitalières du Villeneuvois
Le Centre hospitalier Villeneuvois (PSV) subit une dégradation financière inquiétante. En 2025, son déficit a atteint 14 %, malgré un budget avoisinant les 100 millions d’euros. Ce déséquilibre budgétaire aggrave les difficultés à maintenir des équipes médicales stables, plaçant le territoire au bord d’un effondrement du système de soins. À Fumel et Penne, la vétusté des infrastructures et une démographie médicale déficitaire accentuent ces fragilités.
Inégalités d’accessibilité aux soins et absence de solutions étatiques efficaces
Les dispositifs incitatifs, centrés sur des primes à l’installation, montrent leurs limites. Les professionnels de santé demeurent rares et la situation continue de se dégrader, notamment pour les soins médicaux de réadaptation et la gériatrie, secteurs clés dans une population vieillissante. L’État et l’Assurance-maladie n’ont pas pris de mesures fortes pour rééquilibrer cette offre, laissant le Villeneuvois au cœur de ce qu’on appelle la « diagonale du vide ».
Coordination territoriale et ressources humaines : un défi à relever
Une initiative d’équipe territoriale commune entre les hôpitaux de Villeneuve, Agen et Marmande est en cours de réflexion. Ce projet pourrait améliorer la coordination, mais il tarde à se concrétiser. En parallèle, le rôle des médecins coordinateurs en Ehpad est menacé par le manque de praticiens. Sans une base solide de généralistes, les services hospitaliers supportent seuls la charge croissante, ce qui fragilise l’ensemble du système.
| Élément | Situation actuelle | Conséquences |
|---|---|---|
| Démographie médicale | Déclin constant des médecins généralistes | Pression accrue sur urgences et services spécialisés |
| Déficit financier du PSV | 14 % de déficit sur 100 M€ de budget | Faible attractivité et instabilité des équipes médicales |
| État et Assurance-maladie | Renoncement à une régulation équilibrée | Abandon d’une stratégie cohérente pour l’accès aux soins |
| Projets territoriaux | Mise en place tardive d’une équipe départementale commune | Coordination insuffisante, fragilité des soins de proximité |
| Services sensibles | Manque de médecins en maternité, pédiatrie, gériatrie, SMR | Risque élevé de rupture de l’offre de soins adaptée |
Face à ce constat, les habitants du Lot-et-Garonne subissent une accessibilité réduite aux soins. Aller chercher des spécialistes à Bordeaux ou Toulouse n’est plus une solution durable. Le besoin d’une stratégie nationale et territoriale réactive et intégrée est irrévocable.



