L’industrie canadienne de l’assurance habitation en 2023-24 : un bilan financier déficitaire pour les assurances biens et risques

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Le marché canadien de l’assurance habitation traverse une période complexe, marquée par un bilan financier déficitaire dans le secteur des assurances biens et risques. Les assureurs font face à un contexte où les sinistres liés aux catastrophes naturelles s’accumulent, impactant négativement la rentabilité.

L’industrie canadienne de l’assurance habitation face à des pertes croissantes en 2023-24

Selon une étude menée par TD Economics, les compagnies d’assurance de biens et de risques au Canada ont enregistré des pertes significatives en assurant les habitations contre les catastrophes naturelles entre 2008 et 2024. Ces événements ont généré des indemnités supérieures aux primes collectées, avec un ratio de 1,01 $ dépensé en sinistres et frais pour chaque dollar de prime reçu. La situation est particulièrement critique en Alberta, où les coûts liés aux sinistres dépassent les revenus de près de 20 % en 2024.

La hausse des primes d’assurance habitation et ses disparités régionales

Pour compenser ces pertes, des augmentations notables des primes d’assurance ont été observées dans les zones à haut risque affectées par des catastrophes naturelles majeures. En Colombie-Britannique, les augmentations ont atteint près de 68 % entre 2021 et 2025 dans certains codes postaux vulnérables. L’Alberta, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard et le Québec ont aussi subi des hausses substantielles, souvent supérieures à 45 %.

Même les régions jugées à plus faible risque voient leurs primes progresser, soulignant l’effet domino des risques climatiques sur l’ensemble du marché canadien. Par exemple, en Colombie-Britannique, la hausse atteint 63,3 % dans certaines zones considérées à moindre risque.

Adaptations et mesures pour limiter les impacts des sinistres sur l’industrie

Face à l’aggravation des coûts, plusieurs assureurs ont modifié leurs offres. Des garanties contre des risques comme la grêle sont désormais proposées en option, parfois exclues des contrats standards, ce qui fait varier significativement les tarifs selon les régions à risques.

Pour les sinistres liés aux inondations, les franchises ont augmenté, atteignant des montants de plusieurs milliers de dollars, ce qui freine l’accessibilité pour certains propriétaires. Ces mesures traduisent une volonté d’encourager les propriétaires à adopter des solutions pour améliorer la résilience de leur habitat.

Incentives pour bâtir des habitations résilientes et réduire les risques futurs

Les assureurs collaborent avec les gouvernements pour promouvoir la construction de logements adaptés au climat changeant. À titre d’exemple, des franchises spécifiques telles que les franchises liées à la grêle en Alberta encouragent les rénovations pour renforcer la résistance des bâtiments aux intempéries. Les autorités proposent aussi des aides conditionnées à l’intégration de mesures résilientes lors des réparations, positionnant ces initiatives comme des leviers essentiels pour stabiliser à long terme l’industrie canadienne de l’assurance habitation.